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Cédric Maisse contesté à gauche du PS

Le 30 janvier 2014
Article commentaires
Par la rédaction du Télescope

En décembre dernier, le Parti de gauche (PG) et le Parti communiste français (PCF) ont annoncé qu'ils n'adopteraient pas de stratégie commune pour les municipales amiénoises. Cela signifiait, comme à Paris, qu'il n'y aurait pas de liste Front de gauche à Amiens en mars prochain (voir notre article).

Depuis, à Amiens, chacun joue de son coté. Le Parti de gauche a intégré la liste «L'Aube nouvelle» menée par le communiste dissident Cédric Maisse (voir notre entretien), dont le local de campagne se situe rue Marc-Sangnier près de la Maison de la culture. Pendant ce temps, le PCF a rejoint la liste d'union menée cette fois par le socialiste Thierry Bonté (voir notre article), basée rue du Chapeau de violettes, au pied de l'église Saint-Germain.

Dans cette configuration, les militants de la Gauche unitaire, troisième jambe du Front de gauche à Amiens, se retrouvent esseulés. Cette composante minoritaire de l'alliance a milité pour la présence du Front de gauche aux municipales. Ses représentants ont fait durer les discussions entre le PG et le PCF jusqu'en décembre (voir notre article) alors même qu'aucun des partis ne cachait plus ses divergences de stratégie.

«Beaucoup de gens sont dans le "ni Maisse, ni Bonté"»

Après plusieurs semaines de silence, cette composante orpheline du Front de gauche, qui n'avait rallié ni la liste de Thierry Bonté, ni celle de Cédric Maisse, refait son apparition par la voix de Marianne Mugnier. Candidate du Front de gauche aux dernières législatives (8,27% dans la deuxième circonscription, dont 9,22% dans Amiens seulement) et membre de la Gauche unitaire, elle est à l'origine d'un appel lancé avec Étienne Desjoncquères, actuel premier adjoint au maire.

Rappelons que l'actuel adjoint à la Démocratie locale, qui avait déjà soutenu le Front de gauche aux dernières législatives, avait récemment fait part de son insatisfaction face à l'offre politique des municipales et de son regret de ne pas voir apparaître une liste Front de gauche. Le candidat Cédric Maisse, «un peu trop démago pour quelqu'un qui pourrait être élu à la mairie», en avait pris au passage pour son grade (voir notre article page 2).

C'est l'un des messages portés par leur appel: la candidature de Cédric Maisse, déjà dissident au PCF, ne fait pas l'unanimité au sein des autres militants du Front de gauche. «Depuis un mois, nous sommes sans cesse interpellés par des militants, assure Marianne Mugnier. Beaucoup de gens sont dans le "ni Maisse, ni Bonté".» Pour eux, la candidature de Cédric Maisse est «autoproclamée», donc illégitime et favoriserait l'abstention.

L'autre message, c'est que ces militants, qui ne sont ni au PCF, ni au PG veulent continuer à faire vivre la structure Front de gauche, même si elle n'est pas présente aux municipales. «On peut participer aux élections sans faire de liste», assure Marianne Mugnier. Leur grande crainte, c'est que les militants non cartés du Front de gauche se démobilisent.

Le PG réaffirme son soutien à Cédric Maisse

Qu'en pense Cédric Maisse ? «Ils pensaient que l'on ne parviendrait pas à monter la liste. Ils nous ont peut-être sous-estimés, rétorque-t-il, en regrettant que cette initiative puisse entraver sa campagne. Ce qui est gênant, c'est que leur appel intervient une semaine après l'inauguration du local. Ils se réveillent une fois que ça devient concret.»

Lundi soir, une cinquantaine de militants se sont réunis à l'appel de Marianne Mugnier et Étienne Desjoncquères, salle Dewailly. Dès le début des débats, le porte-parole du Parti de gauche amiénois, qui a rallié la liste de Cédric Maisse, est intervenu pour défendre sa tête de liste.

«Que Cédric Maisse se soit autoproclamé, oui. Mais je peux aussi reconnaître qu'il a fait un boulot d'élu intéressant, expliquait ainsi hier Jean-Michel Dellis, joint par téléphone. Avec son équipe, ils montent une campagne de bric et de broc. Je trouve leurs réunions très populaires. Moi, il me séduit, tout comme Fabienne Debeauvais [l'une de ses colistières et actuelle conseillère municipale, ndlr].»

Pour Marianne Mugnier, la réunion de lundi «a permis d'échanger, notamment avec les militants du PG qui nous ont expliqué leur position. Toutes les personnes présentes veulent la survie du Front de gauche malgré les élections municipales», analyse-t-elle. Et d'annoncer qu'une nouvelle assemblée citoyenne, à l'intention des militants du Front de gauche, sera organisée mi-février.