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Pascale Boistard ne sera pas tête de liste à Amiens

Le 10 juillet 2013
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Par Fabien Dorémus

Pascale Boistard, lors de la Fête de la rose, le 29 juin dernier à Rivery.

Finalement, c'est non. Pascale Boistard, première secrétaire fédérale du Parti socialiste (PS) de la Somme et députée de la première circonscription, ne sera pas candidate à la candidature pour être tête de liste lors des prochaines élections municipales à Amiens.

Elle l'a annoncé ce matin dans les colonnes du Courrier picard. «J'ai toujours milité pour le non-cumul des mandats. Je considère que lorsqu'on a été élue, on doit assumer son mandat. Être députée représente un engagement à 100 %. Être maire également. Laisser sous-entendre le contraire serait une tromperie», y indique-t-elle.

Pourtant, il y a quelques semaines, son propos était nettement plus nuancé. «Aujourd'hui, je ne suis pas candidate mais si c'est la seule solution, je m’exécuterai», expliquait-elle au Télescope d'Amiens (voir notre article).

Jointe par téléphone aujourd'hui, Pascale Boistard précise : «J'ai dit au national [du Parti socialiste, ndlr] depuis le début que je ne voulais pas être candidate. Mais on m'avait demandé de ne rien dire. En fonction de la situation, on aurait pu m'obliger à y aller.» Car dans les villes de plus de 100 000 habitants, la direction du PS a largement son mot à dire sur les têtes de listes aux municipales.

La direction du PS ne «l'obligera» donc pas à être candidate. «Je les ai persuadés que, compte tenu de la loi que l'on vient de voter [sur le non cumul des mandats, qui s'appliquera en 2017, ndlr], il fallait que je continue de porter des idées que j'ai toujours soutenues.» Pascale Boistard rappelle qu'elle avait démissionné de son mandat de conseillère de Paris lorsqu'elle s'est présentée aux législatives dans la Somme en 2012.

Une pétition pour des primaires

Mais les résultats du sondage, commandé récemment par Solférino afin de mesurer l'aura des potentiels candidats à la candidature, a-t-il joué un rôle dans la décision de la direction du PS ? Pour la députée, ce n'est pas le cas. «Ce sondage commandé pour Amiens faisait partie d'une série de sondages réalisés dans plusieurs villes. Je n'ai pas vu les résultats, j'ai juste eu quelques éléments en tant que première fédérale.» Des éléments qui «contribuent à élaborer une stratégie». Les résultats du sondage ne seront pas rendus public, même les militants PS n'en sauront visiblement pas grand-chose.

Dans le PS amiénois, les choses semblent s'éclaircir. En septembre, les candidats se feront connaître et, en octobre, les adhérents voteront pour «le premier des socialistes».

Ce processus, interne au parti, est contesté par certains adhérents qui réclament des primaires pour désigner la tête de liste de la gauche à Amiens. Ils ont lancé, depuis une semaine, une pétition sur internet qui a recueilli pour l'instant 126 signatures. Parmi ses signataires, une dizaine n'habitent pas Amiens mais sont également «convaincus de la nécessité de créer une dynamique unitaire, démocratique et populaire pour conserver Amiens à Gauche».

Mais pour Pascale Boistard, comme pour d'autres (voir notre article), il est trop tard pour organiser des primaires : «Des primaires, c'est d'abord un système de parrainage qui implique une campagne sur le terrain. Au mois d'août, je ne vois pas comment on peut faire campagne.»

La première secrétaire fédérale donne cependant rendez-vous pour les élections de 2015. «J'ai vu, en lisant les noms des signataires, que les membres du cabinet de Claude Gewerc [président du conseil régional de Picardie, ndlr] étaient très investis sur la question. Je leur ai envoyé un courrier leur proposant d'organiser des primaires pour les régionales. Là, on aura le temps de les préparer.» Un rendez-vous qui sonne comme un défi.