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marianne mugnier

Pourquoi nous ne nous abstiendrons pas dimanche

Le 28 mars 2014
Tribune commentaires

Pourquoi nous ne nous abstiendrons pas dimanche prochain : au second tour, sans hésitation, en votant, on élimine les listes de droite et d’extrême-droite !

Dimanche dernier, les résultats du premier tour des élections municipales à Amiens donnent une avance considérable à la liste de droite menée par Brigitte Fouré et Alain Gest.

Par ailleurs, le score du Front National dans notre ville est particulièrement inquiétant : présent au second tour, le FN risque d’avoir des représentants aux conseils municipal et communautaire de notre ville.

Enfin, la grande gagnante de ce premier tour est l’abstention : un amiénois sur deux ne s’est pas déplacé pour voter et prendre part à la vie politique de la ville. L’analyse à chaud de la participation montre de manière incontestable que ce sont essentiellement les électeurs de gauche qui ont boudé les urnes. Cette abstention est particulièrement forte dans les bureaux de vote de certains quartiers, majoritairement de gauche : plus de 60 % d’abstention à Etouvie, Amiens Nord ou encore pour les bureaux de vote de Saint-Maurice. En 2008, ce sont les électeurs de ces quartiers, par leur participation, qui avaient permis de mettre fin au règne de la droite, représentée par Gilles de Robien dans notre ville.

Cette abstention massive doit être entendue comme l’expression d’une colère et d’une déception politiques contre la politique nationale menée par François Hollande et son gouvernement, politique qui tourne le dos aux classes populaires.

Elle doit aussi être comprise comme une déception locale, face une gestion municipale de la majorité sortante qui n’a pas satisfait les espoirs qu’elle avait engrangés en 2008. Si nous sommes critiques sur le bilan de la majorité sortante et que nous ne partageons pas la totalité de son projet, nous refusons de nous tromper d’adversaires.

Car nous combattons depuis de longues années la droite et l’extrême-droite dans la rue et dans les urnes, nous refusons de voir notre ville gérée par cette droite rétrograde et anti-sociale qu’incarnent Brigitte Fouré et Alain Gest.

Est-il nécessaire, pour convaincre les électrices et les électeurs de gauche d’aller voter dimanche, de rappeler le bilan de cette droite, alliée parfois à l’extrême-droite dans notre région, notre département et notre ville ?

Est-il nécessaire de rappeler qu’après le règne de De Robien puis de Fouré, le centre communal d’action sociale était exsangue ? Est-il nécessaire de rappeler que durant une vingtaine d’années les quartiers d’Amiens ont été laissés à l’abandon, que les services publics ont été laissés à l’appétit des grandes multinationales ? Est-il nécessaire de rappeler comment la droite dans une mairie criminalise le mouvement social ?

Est-il nécessaire de rappeler les positions d’Alain Gest contre le mariage pour tous ou encore contre l’égalité femmes/hommes et sa participation à toutes les manifestations réactionnaires de ces derniers mois ? Ou encore de rappeler que Brigitte Fouré promet dans son programme de fermer la Maison de l’égalité ?

L’élection de Fouré/Gest à la tête d’Amiens et d’Amiens-Métropole aggraverait considérablement les conditions de vie des amiénoises et des amiénois, et d’autant plus celles des populations les plus vulnérables.

Face au danger que représenterait le retour de la droite dans notre ville, il n’est pas question pour nous, militantes et militants du Front de Gauche, de se dérober.

Nous ne nous abstiendrons pas : nous voterons contre la liste Fouré/Gest et contre la liste Dupille, nous voterons sans hésitation contre la droite et l’extrême-droite.

Mais le vote de dimanche soir n’est qu’une étape : il est urgent que la gauche se réveille à Amiens et réponde aux exigences et aux besoins des classes populaires, des jeunes, des femmes.

Nous avons été et nous sommes toujours disponibles, pour construire dans l’unité, l’alternative à gauche dans notre ville, pour construire le Front de Gauche avec toutes ses composantes, pour une gauche de combat et de progrès, une gauche qui refuse l’austérité, une gauche qui se bat pour l’égalité femmes/hommes, étrangers/français. Cela ne se fera pas sans les amiénoises et les amiénois, dans la rue et dans les urnes, sans la mobilisation populaire.


Delphine Boüenel (militante féministe, FDG), Estelle Darras (fonctionnaire), François Décavé (syndicaliste), Vincent Denorme (enseignant), Etienne Desjonquères (militant d’Ensemble – FDG), Nathalie Drû (syndicaliste, militante associative et culturelle), , Mathieu Krim (intermittent, sympathisant du FDG), Jean-Christophe Iriarte Arriola (militant FDG), Marianne Mugnier (éducatrice, militante FDG), Julien Vicaine (éducateur, militant FDG)


Le mot de la rédaction

C'est Marianne Mugnier, militante et ancienne candidate Front de gauche aux législatives dans la Somme, qui nous a envoyé cette tribune signée d'une dizaine de personnes. C'est la raison pour laquelle elle en apparaît comme l'auteure.

Le Front de gauche s'était divisé à Amiens en trois blocs à l'occasion de ces élections municipales: le PCF avait choisi majoritairement de rejoindre le PS et Thierry Bonté ; le PG avait décidé de soutenir le communiste dissident Cédric Maisse ; et d'autres militants avaient décidé de ne soutenir personne.

Les signataires de cette tribune font, pour beaucoup, partie de cette troisième catégorie. Nous avons choisi de publier leur tribune pour alimenter le débat.

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