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Rivery : trois candidats pour un fauteuil

Le 14 mars 2014
Reportage commentaires

Durant ces six dernières années des travaux ont été entrepris à Rivery. Mais certains n'ont pas vraiment rencontré de franc succès auprès des habitants, comme ceux de la rue Baudrez et de la rue Pasteur. Les perturbations engendrées par les chantiers ont mécontenté plus d'un Riverain. Pour le maire actuel, Jacques Nowak, il s'agissait d'un mal nécessaire face auquel il fallait faire preuve de patience. Selon lui, l'important est de construire des logements privés, sociaux de la résidence pour les personnes âgées, une salle des fêtes, des jardins familiaux et du tertiaire. Son objectif ? Densifier l'habitat notamment le logement social pour atteindre les 8% qui incombent à une ville de cette importance.

Rivery est une petite ville assez particulière. Forte de près de 3500 habitants, cette commune ne compte aucun distributeur automatique de billets, nulle boulangerie et les commerces de proximité manquent cruellement. Un point sur lequel les trois têtes de listes, Jacques Nowak, Jean-Paul Plez et Jean-Antoni Stefaniak, comptent bien agir.

Il s'agit de veiller à ce que les personnes âgées et/ou à mobilité réduite puissent faire leurs petites courses sans que cela se révèle être un parcours du combattant. Jusqu'ici la boulangerie Le Fournil de Camon s'occupait du portage à domicile du pain dans la commune voisine, mais les nouveaux propriétaires ne souhaitent pas poursuivre ces tournées. Jean-Paul Plez, tête de liste divers droite, se targue d'avoir d'ores et déjà rencontré différents boulangers, vu comment subventionner l'achat d'une camionnette pour que les Riverains ne manquent pas de pain. Cette quête de la baguette a également mis en avant l'urgence de créer une petite zone commerciale.

«Nous refusons de bétonner le parc»

Pour autant, ce ne sont pas là les seuls aménagements que les têtes de listes souhaitent pour leur ville et les candidats sont opposés sur la manière de procéder. C'est d'ailleurs ce qui a poussé Jean-Antoni Stefaniak (Un nouvel élan à gauche), actuellement conseiller municipal, à se présenter contre son ancienne tête de liste. «Nous sommes en désaccords avec Jacques Nowak, explique Pascal Lecossois, l'un de ses co-listiers. Nous refusons de bétonner le parc. Il faut le mettre en valeur, travailler avec un architecte paysagiste, l'embellir, faire un square ludique pour les enfants. De même pour la salle Jean-Cailleux. Monsieur Nowak parle de la raser. Il en est hors de question. Nous voulons la réhabiliter.»

Jean-Paul Plez, quant à lui, parle de remettre la salle en état. Il évoque également la nécessité de créer une maison des associations. «Il est essentiel que les associations aient un lieu pour se réunir, indique-t-il. Le club des Aînés par exemple n'a pas de salle où se retrouver. Les personnes âgées sortent de moins en moins. Il faut absolument faire quelque chose pour qu'elles ne s'isolent pas. Pour cela il faut aussi que des travaux soient faits pour qu'elles puissent se déplacer facilement.»



Jean-Paul Plez (au centre) et une partie de ses colistiers de Tous ensemble pour Rivery.

Le candidat parle également de remettre en circulation des navettes gratuites pour les personnes âgées. Jean-Paul Plez dit fourmiller d'idées pour insuffler de la vie à la ville de Rivery et surtout il maintient savoir comment trouver les financements. Travaillant dans l'animation depuis de nombreuses années, créateur d'événements très courus comme la Fête du Géranium à Picquigny ou encore la Fête de la confiture à Salouël, la chasse aux subventions n'a pas de secret pour ce retraité de la SNCF. «Si on ne demande pas, on a rien», scande-t-il. «Ce qui ferait la différence avec la liste de monsieur Nowak est notre dynamisme. J'ai d'ailleurs scrupuleusement choisi chaque colistier.»

Discorde sur la vidéosurveillance

Étiquetée «divers droite» par la préfecture, la liste de Jean-Paul Plez se présente aux citoyens sans couleur politique. Pour le candidat, le débat ne se pose pas là. Il indique d'ailleurs avoir, par le passé, travaillé auprès de René Lamps (PCF) et de Gilles de Robien (UDF). «Nous n'avons pas d'étiquette. Chacun a un domaine de compétence bien particulier. Nous avons été beaucoup été sollicités par les habitants de Rivery. Ils disent tous qu'il ne s'est pas passé grand chose même si monsieur Nowak dit que ses projets avancent bien.» Pour Jean-Paul Plez, il est aussi important d'embellir la ZAC et travailler en lien directement avec les commerces qui s'y sont installés. Pour le candidat, c'est une vraie source d'emplois. L'opportunité de pouvoir placer des personnes à la recherche d'un travail.

Autre sujet de discorde entre les candidats, la vidéo-surveillance. Jusqu'ici, elle était absente de Rivery. Jacques Nowak et Jean-Paul Plez semblent s'entendre à dire que l'installation de caméras est nécessaire. «À condition qu'elles soient bien placées ! argumente Jean-Paul Plez. Il n'y a pas de problème majeur à Rivery. Toutefois il y a ce qu'on appelle la petite délinquance. De manière assez répétée, des vols de voitures et des cambriolages ont au lieu et ce en plein jour. C'est un soucis qui doit être résolu.»

Pour la liste Un nouvel élan à gauche, menée par Jean-Antoni Stefaniak, l'installation de caméras de surveillance n'est pas la solution. «Nous ne sommes pas tellement pour, souffle Pascal Lecossois. Et puis qui surveillerait ? Le plus important est d'instaurer une proximité avec la police locale. Nous croyons beaucoup en l’îlotage avec la police de proximité. Créer du lien avec les habitants. Actuellement, certaines voitures de patrouilles tournent dans Rivery mais nous préférerions que des équipes de deux policiers patrouillent à pied pour plus de dialogue avec la population.»



Une partie de la liste Un nouvel élan à gauche, menée par Jean-Antoni Stéfaniak (au deuxième rang, le deuxième en partant de la gauche).

Pour Pascal Lecossois, il y a un point très important à développer: la prévention de la précarité et de la pauvreté. «Il faut mutualiser les moyens entre les différentes associations et la municipalité. Travailler en lien très étroit pour endiguer ce fléau car jusqu'ici, la municipalité n'a pas fait grand-chose. Or il y a de plus en plus de misère.» Pascal Lecossois insiste sur le fait que, contrairement aux autres listes, celle menée par Jean-Antoni Stefaniak est la seule à avoir une couleur politique : «Nous n'avons pas peur d'affirmer nos valeurs de gauche.»

Dans l'œil du Télescope

Aucun entretien avec le maire sortant Jacques Nowak n'a pu être réalisé, en dépit de mes nombreuses relances téléphoniques à la mairie.