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La CGT questionne la santé de l'Hôpital devant l'ARS

Le 13 novembre 2013
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Par Rémi Sanchez

Vous ne savez peut-être pas ce que contient le PLFSS 2014, le projet de loi de financement de la sécurité sociale qui doit programmer le budget santé 2014. Mais vous avez au moins entendu parler d'un de ses articles, celui qui prévoit de taxer certains placements financiers comme l'assurance-vie. Une autre idée de ce PLFSS est d'économiser 2,5 milliards d'euros grâce à des efforts dans les dépenses d'assurance maladie, incluant le financement des hôpitaux.

Hier, devant l'Agence régionale de santé (ARS, l'équivalent d'une préfecture pour la santé), la CGT santé-social de Picardie entendait manifester sa désapprobation du PLFSS, dénonçant notamment les économies sur le financement de la santé publique et des hôpitaux.

Des délégations des trois départements se sont retrouvés à 16 heures devant les locaux de l'ARS à Amiens. Les délégués ont été écoutés pendant près de 2h30 par des représentants de l'agence.

Que constatent-ils ? Des contraintes financières qui pèsent durement sur les conditions de travail des employés des hôpitaux et sur la prise en charge des patients. Au CHU d'Amiens, par exemple, la CGT a fait les comptes: l'absentéisme représente environ 737 équivalents temps-plein en 2012, peu ou pas remplacés. En ajoutant à cela les heures supplémentaires des employés, ainsi que les départs à la retraite non remplacés, il "manquerait" environ un millier d'emploi. Christine Bertin, secrétaire générale du syndicat, dénonce aussi une «généralisation des cadences de 12h de travail» et la future suppression de lits et de postes au cours de la prochaine réorganisation du CHU.

Si les délégués CGT de toute la région se tournent vers l'ARS, c'est que c'est cette autorité qui demande des efforts d'économie et des «plans de retour à l'équilibre» aux hôpitaux publics.

Les délégués CGT sont ressortis quelque peu déçus de l'entrevue. «On demande des budgets pour que tous les hôpitaux et établissements d'action sociale fonctionnent correctement et on nous propose la réunionite», regrettait, amère, Marie-France Cuvillier de la CGT du CHU d'Amiens.

Certes, les propositions de la CGT étaient radicales. Entre autres, retour sur la loi HPST de Roselyne Bachelot, suppression de l'Objectif national des dépenses d'assurance maladie (Ondam), suppression de la taxe professionnelle pour les établissements publics, et reconsidération du budget global de la Picardie, actuellement dernière région de France en terme de dotation, selon les représentants de la CGT santé.

L'ARS, de son côté, aurait proposé aux représentants de la CGT d'être intégrés, avec les autres organisations syndicales, dans des comités de suivi des politiques de l'agence de santé. Insuffisant pour les syndicats qui concluent: «On ira au ministère pour dénoncer la catastrophe sanitaire».