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Des caméras de vidéosurveillance quitteront le centre-ville

Le 29 mai 2013
Enquête commentaires

Le gel des implantations de caméras de vidéosurveillance à Amiens, c'est fini. C'est du moins l'impression qu'a laissée le dernier conseil municipal, lors duquel une majorité de conseillers municipaux a voté l'implantation de quatre nouvelles caméras de vidéosurveillance disposées à Amiens Nord. Transitoirement, la ville passera donc de 48 à 52 caméras implantées sur son territoire.

Les zones concernées? Fafet, Messager, Léo-Lagrange et Balzac, des zones jusqu'ici peu ou pas couvertes par des dispositifs de vidéosurveillance, choisies «en fonction des faits de délinquance constatés», selon les mots d'Émilie Thérouin, adjointe à la sécurité.

Pour l'instant, on n'en sait pas beaucoup plus sur l'emplacement de ces dispositifs, mais maintenant que la délibération a été votée, les travaux d'installation devraient suivre, dans les semaines qui viennent, selon Gilles Demailly.

Des caméras mobiles pour surveiller les événements ponctuels

Et l'augmentation du dispositif ne s'arrête pas là, puisque deux caméras «mobiles» ont rejoint le pool de la mairie d'Amiens. Ces dispositifs ressemblent aux caméras standard installées sur le territoire, mais bénéficient d'une liaison 3G avec le centre de sécurité urbaine qui analyse les images. Pas de liaison filaire, et la possibilité de fonctionner sur batterie ou sur secteur. Ces caméras peuvent être posées n'importe où dans la ville.

Mais pas aussi vite qu'un radar de police ou de gendarmerie. «Chacune de ces caméras mobiles est en fait composée de quatre caméras fixes, mais dont les temps de pose et de dépose sont réduits». Pas plus d'une journée nécessaire pour accrocher les caméras sans fil selon Loïc Résibois, directeur du service sécurité et prévention des risques urbains.

Ces caméras seront destinées à surveiller des chantiers, donc des espaces privés, mais peuvent aussi être disposées sur la voie publique pour surveiller des événements ponctuels: Fête dans la ville, Fête de la musique, etc. Mais uniquement après autorisation expresse de la préfecture.

«Pour les disposer sur la voie publique, nous devons adresser une demande à la commission départementale de la vidéosurveillance, et pour des raisons de conformité par rapport à la législation, les caméras mobiles ne peuvent pas être installées pendant plus d'un mois», explique Loïc Résibois.

Un investissement sur l'enveloppe de 2007

Le coût de ces six caméras de surveillance, ce sont quelques 114 000 euros hors taxes. En provenance directe de l'enveloppe pluriannuelle de modernisation des systèmes de prévention, votée en 2007 par l'ancienne municipalité.

Cette enveloppe contenait le budget nécessaire pour, entre autres, doubler le nombre de caméras sur la voie publique. Une mesure que l'équipe Demailly a gelée dès son installation à la mairie, en attendant un audit du système existant (voir notre article).

Tout en utilisant cette enveloppe pour d'autres missions liées à la prévention de la délinquance et à la sécurité, comme la modernisation des liaisons radio ou du centre de sécurité urbaine. Elle a aussi permis de financer l'audit sur l'efficacité de la vidéosurveillance demandé par Émilie Thérouin.

Des subventions plus généreuses pour les zones de sécurité prioritaire

Néanmoins grâce à la Zone de sécurité prioritaire (ZSP), l'achat des caméras ne sera pas uniquement aux frais de la municipalité amiénoise. En effet, la délibération votée autorise le maire à adresser une demande de subvention au fonds interministériel de prévention de la délinquance, le FIPD.

Selon les orientations prises fin 2012 par le gouvernement Ayrault, un tiers de ce fonds de 56,5 millions d'euros est destiné à soutenir les investissements relatifs à la vidéosurveillance. D'après ces nouvelles orientations, les équipements des ZSP  seraient soutenus à hauteur de 50% de leur coût hors taxes. À condition de déposer le dossier avant le premier juin.

La municipalité espère donc recevoir 57 000 euros de subventions, même si les caméras mobiles ne seront pas réservées à l'usage dans la ZSP d'Amiens-Nord. «On l'a signalé dans notre demande en préfecture, et cela figure dans la délibération du conseil municipal», rassure le directeur de la sécurité, par ailleurs assez confiant des intentions des ministères pour ce qui touche aux zones de sécurité prioritaire du ministre Manuel Valls.

Et les caméras quitteront le centre-ville

Néanmoins, cette augmentation du nombre de caméras se veut transitoire. Car suite à l'audit sur le dispositif existant rendu public le 20 septembre 2012, la majorité municipale a tiré quelques conclusions. Entre autres, que les caméras sont très nombreuses en centre-ville. Elles sont trente-six, dont une partie braquées vers les bornes d'accès qui protègent les aires piétonnes de la circulation des voitures. Loin d'un usage de vidéoprotection.

Revisiter le dispositif: la question a été débattue avec les représentants des commerçants amiénois et du réseau de bus Amétis, entre autres. De nombreux remaniements pourraient donc survenir en centre-ville: des réimplantations, par exemple, pour améliorer les angles couverts par les caméras.

D'autres disparaîtront, au profit de nouvelles caméras implantées à Étouvie ou encore dans le quartier Sud-est, entre Marcel-Paul et Philéas-Lebesgue. Dans ces quartiers ou dans le centre, les emplacements prévus ne sont pas encore communiqués par la municipalité. D'ailleurs, pour toucher aux caméras du centre-ville, la mairie attend encore l'accord signé de la Fédération des commerçants du centre-ville d'Amiens.

Après ces jeux de chaises musicales, combien de caméras resterait-il sur Amiens? Gilles Demailly reste évasif: «Cela ne me poserait pas de problème de conscience qu'il y en ait cinquante ou un peu plus. Néanmoins si on augmentait drastiquement le nombre de caméras, cela nous obligerait à construire un autre centre de sécurité urbaine (CSU)», s'inquiète-t-il. Pour le moment, le CSU dispose de 36 écrans, pour suivre les 48 caméras en fonction. Plus de caméras, ce seraient plus d'écrans et plus de personnels pour les regarder. Ce n'est pas anodin: les personnels représentent déjà 400 000 euros du fonctionnement du CSU.

Dans l'œil du Télescope

Le mardi 28 mai, j'ai pu rencontrer le maire d'Amiens, Gilles Demailly, à ce sujet.

Le directeur du service de sécurité et de prévention des risques urbains a répondu à mes questions ce même jour.

Pour le moment, les changements ne sont pas définitifs. La mairie n'a donc pas communiqué avec précision sur le sujet, mais je ne manquerai pas de mettre cette carte de la vidéosurveillance à Amiens dès que j'aurai plus d'informations.